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Dans le journal de l'Aube, l'autre jour,
Avez-vous lu l'article mercenaire
Qu’un plat valet, un misérable hère
Sur un festin a fait avec amour ?
Type achevé du parfait parasite,
Vil moucheron qui rôde autour des plats,
Ce gélasime obscur et sans mérite,
Rustre-gourmand, flatteur rompant en bas,
Aux mets sans nombre admis à ce repas,
A tour-à-tour fait sa chaude visite.
Tout dégoûtant encore de sa lippée
D'un beau dessert, il trace le tableau :
Punch enflammé, glaces, sorbets, gâteaux,
Tout prend couleur sous sa plume affamée.
Et ce mangeur est alors vraiment beau !
Comme il décrit avec feu le bien-être,
La volupté de ses sens assouvis :
Avec quel art il prodigue, le traître !
Les compliments à ses hôtes chéris !
Si de son temps il l’avait pu connaître,
Plaute l’aurait, dans ses doctes écrits,
Des plats-gourmands à coup sûr nommé maître !
Et savez-vous, comme couronnement
À ce tableau, quelle est l’initiale,
Du nom fameux de ce mufle friand ?
C’est la lettre O... qui n’a point son égale
Pour exprimer le glouton mouvement
D’une mâchoire ouverte avidement
Pour engloutir tout ce que l’on avale !