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Syrinx était anciennement
Une bergère jeune et belle,
Gardant ses brebis sagement,
Jouant avec son chien fidèle,
Chantant parfois modestement
Une chansonnette nouvelle,
Et fuyant tout engagement.
Pan, qui voyait cette cruelle
Comme il nous voit présentement,
Devint épris d’amour pour elle,
Et se promit facilement
De dompter sa fierté rebelle.
Pour les dieux, vaincre une mortelle,
Paraît l’ouvrage d’un moment.
Il lui parla de son tourment :
Mais Syrinx, avec un sourire,
Dit qu’il se plaignait vainement,
Et qu’un dieu fait comme un satyre
Ne serait jamais son amant.
Pan, courroucé de cet outrage,
Veut la saisir entre ses bras ;
Elle court au prochain rivage,
Et tombe, en faisant un faux pas,
Parmi les joncs d’un marécage.
Le dieu brise tous les roseaux....
Mais, hélas ! il voit la bergère,
Transformée en tige légère,
Périr sous les coups de sa faux !
Alors, honteux de sa furie,
Il joignit ces joncs inégaux,
Et son souffle, à leurs chalumeaux
Cherche encore à rendre la vie.