«
Ô terre, qui couvres Thémire !
Les jeunes filles des pasteurs
Viendront, au retour de Zéphire,
T’offrir les prémices des fleurs.
Jamais des fantômes terribles
N’oseront troubler ton séjour ;
Mais souvent des vierges sensibles
Y rêveront à leur amour.
Avec un soin fidèle et tendre,
Le rouge-gorge, dans ton sein,
Se plaira, le soir, à répandre
Des bouquets de lys et de thym.
Quand les vents, la pluie et l'orage
Feront incliner tes cyprès,
Le voyageur, à son passage,
Fixera sur toi ses regrets.
Et moi, chaque fois que l’Aurore
Mouillera de pleurs ton gazon,
Je veux y revenir encore
Soupirer ma triste chanson.