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Zéphyr, dissipe ces nuages
Qui voilent le ciel à nos yeux
Et montre nous ces paysages
Dont la main du sage des sages
Orna le pavillon des cieux !
Zéphyr, de ton aile rapide
Fends la sombre voûte des airs
Et que de ton souffle candide
Le rossignol toujours avide,
Module ses riants concerts !
C’est quand ta tiède haleine, avec amour soupire,
Quand ton souffle si doux, mollement nous attire,
Que la gaîté renaît dans nos cœurs attristés,
Et que notre âme en paix, chante ses voluptés.
Ô toi, messager favorable
Des mortels qu’amour a soumis,
Qui conduis le char adorable,
Où brille la déesse aimable,
Des Amours, des Jeux et des Ris !
Toi, que la douce Philomèle,
Dans nos jardins, dans nos bosquets,
Célèbre de ton chant fidèle,
Fléchis une beauté rebelle,
Et surprends pour moi ses secrets !
Ô sylphe harmonieux, qui parfumes l’espace,
Chantre cher à Vénus, dis-nous ce qui se passe
Dans les airs embaumés de ton souffle si pur,
Toi qui voles au moins dans les plaines d'azur.
Chaste amant des fleurs odorantes,
Nous aimons ton souffle amoureux
Qui de voluptés enivrantes,
Fait rêver le cœur des amantes,
Et le rend docile à nos vœux !
Porte à celle que je réclame
Le tendre écho de mes soupirs,
Et que, sur ton aile de flamme
Vers elle s’envole mon âme,
Qui brûle de tant de désirs !
Du langage d’amour, gracieux interprète,
Va, surprends ma beauté dans ta douce retraite ;
De sa fidélité, sois moi le garant,
Et de nos doux plaisirs, l’intime confident !