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Lorsque l’étoile du matin
Versait sa lumière dorée,
Je vis en songe Cythérée
Qui tenait son fils par la main.
L’enfant, près de ma souveraine,
Marchait d’un pas mal affermi :
Berger, dit-elle, mon ami !
Voilà mon fils que je t’amène,
Dans l’art du chant, dans l’art des vers
Je viens te prier de l’instruire :
Alors me payant d’un sourire,
Elle s’éleva dans les airs.
Moi, d’abord, je me mets à dire
Les hymnes du sacré vallon :
Je montre au dieu comme Apollon
Promène ses doigts sur la lyre.
Je me plais à l’entretenir
Sur l’idylle, sur l’élégie,
Sur tous les chants de l’Aonie :
C’était à ne jamais finir !
Bientôt ennuyé de m’entendre,
Il me dit : Tout cela n’est rien ;
Mon savoir vaut mieux que le tien.
J’ai bien autre chose à t’apprendre !
Puis d’une voix pleine d’attraits,
Il m’enseigna comment on aime.
Dieux ! avec quelle ardeur extrême
J’étudiai tous ses secrets !
Muses ! pardonnez si j’oublie
Ce que j’appris avant ce jour !
Mais pour la leçon de l’amour,
Je ne l’oublierai de ma vie.