«
Est-il un plus doux nom que celui d’Amélie,
Un nom qui, dans le cœur charmé
Avec plus de suave et pure mélodie,
Résonne pour un être aimé ?
Est-il une beauté parmi nos jeunes filles,
À qui ce nom convienne mieux
Qu'à toi, reine d’amour, toi, qui parmi nous brilles
Comme un astre mystérieux !
Quand ma bouche redit ce nom mélancolique,
Et que je l’écris de ma main,
Mon âme se réveille à sa douce musique,
Bénissant son heureux destin !
À ce nom, je crois voir la foule si touchante,
Des amours tendres et constants,
Apparaître à mes yeux que ce spectacle enchante,
Et de joie enivrer mes sens.
Cette fidélité, sûr garant de ta flamme,
Et ces transports, pleins d’abandon,
Et la chaste réserve où se complaît ton âme,
Tout est pour moi dans ce beau nom.
Rien n’égale à mes yeux sa charmante merveille ;
Aucun accord harmonieux,
Aucun son, aucun chant ne bercent mon oreille,
Gomme ce nom délicieux !
Il a, comme le miel que l’abeille recueille,
Un parfum d’agréable odeur,
Et d’une volupté douce et pure il effeuille
Les roses dans mon triste cœur !