«
Un beau Berger, sur sa musette,
Chantait toujours :
Il n’est point de douceur parfaite,
Sans les amours ;
De vos Amants, jeunes Bergères,
N’ayez point peur !
Ils ont, quoiqu’en disent vos mères,
Ils ont un cœur.
Souvent Ismène allait se rendre,
Près du Berger,
Et prenait plaisir à l’entendre,
Sans y songer :
Elle apprit bientôt, la pauvrette,
Pour son malheur,
Qu’on peut, pour une chansonnette,
Donner son cœur.
Aujourd’hui la plaintive Ismène,
N’a plus d’Amant,
Et tout le long de la semaine,
Va répétant :
Défiez-vous de la voix tendre,
D’un séducteur :
Hélas ! sans celle de Silvandre,
J’aurais mon cœur.