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Oui, la coupe où l’on boit l’amour est bien amère !
Que de regrets hélas ! que de tourments affreux,
Que de larmes, que de misère
Dans les cœurs que l'amour embrasa de ses feux.
Tantôt la jalousie, avide et soucieuse,
Mord ses freins avec rage et maudit la beauté ;
Et dans sa rage ténébreuse
Éprouve, en se vengeant, une âcre volupté.
Tantôt, par des parents cruels et que dévore
L’ardente soif de l’or dans ce siècle de fer,
Soustrait à celle qu’il adore,
Au milieu de ses biens, l’amant trouve un enfer !
Ici d’une beauté les rigueurs inhumaines
Portent le désespoir dans un cœur malheureux,
Mais qui, loin de rompre ses chaînes,
Éprouve en les rivant un plaisir douloureux !
Là, c’est la jeune épouse à seize ans destinée
Aux tortures sans fin, d’un hymen sans attraits :
Pauvre fleur, sitôt condamnée
Au veuvage du cœur, source des noirs regrets !
Mais pourquoi jusqu’au bout, lire la sombre page
De ces tristes soucis, par l’amour enfantés ?
Ah ! mettons-nous plutôt à l'abri des orages
Qu’il fait gronder hélas ! dans nos cœurs dévastés !