«
Assis sur la rive des mers,
Quand je sens l’amoureux Zéphyre
Agiter doucement les airs
Et souffler sur l’humide empire,
Je suis des yeux les voyageurs,
À leur destin je porte envie :
Le souvenir de ma patrie
S’éveille et fait couler mes pleurs.
Je tressaille au bruit de la rame
Qui frappe l’écume des flots :
J’entends retentir dans mon âme
Le chant joyeux des Matelots.
Un secret désir me tourmente
De m’arracher à ces beaux lieux,
Et d’aller, sous de nouveaux cieux,
Porter ma fortune inconstante.
Mais quand le terrible aquilon
Gronde sur l’onde bondissante,
Que dans le liquide sillon
Roule la foudre étincelante,
Alors je repose mes yeux
Sur les forêts, sur le rivage,
Sur les vallons silencieux
Qui sont à l’abri de l’orage ;
Et je m’écrie : Heureux le sage
Qui rêve au fond de ces berceaux,
Et qui n’entend sous leur feuillage
Que le murmure des ruisseaux !