«
Toi dont la voix si pure
A pénétré mon cœur,
Céleste créature
Aux yeux pleins de candeur ;
Enivrante sirène
Dont le doux chant m’entraîne,
Souffre que de mes vers,
La faible mélodie
Se mêle à l'harmonie
De tes divins concerts.
Oh ! souffre que je chante,
Ma céleste beauté,
Ton âme transparente
Où se peint la bonté :
Oh ! laisse-moi te dire
Tout l’amour que m’inspire
Et ton être enchanteur,
Et de ton cœur aimable
La grâce inépuisable
Et la sainte douceur !
Lorsque ton chant divin, résonne à mon oreille,
Quand tes tendres accents viennent peindre à mon cœur
Le pur enchantement d’un amour qui s’éveille,
Qui ne connaît hélas ! ni peine, ni douleur,
Je crois entendre alors la foule aérienne
De ces esprits ailés qui volent dans les cieux,
Chantant sur leur lyre lointaine
L’harmonieux élan de leurs transports joyeux.
Et quand ta voix triste et rêveuse
Soupire sur ton luth, des chants empreints de deuil,
Quand tu peins à mes yeux l’amante douloureuse
Pleurant son bien-aimé caché dans le cercueil !
Mon cœur alors se ferme aux divines clartés :
Il croit entendre, au loin dans les ténèbres,
Sangloter les âmes funèbres
De tous ceux qui se sont aimés !
Mais tout-à-coup la chansonnette,
Prend son essor, et sur ton luth si beau,
Vient se percher comme un oiseau
Avec la joyeuse ariette ;
Et quand paraît la gaîté qui les suit,
Ma douleur aussitôt s'enfuit !
Ainsi toujours bercé par ton chant doux et tendre,
Je me plais à t'aimer, je me plais à t'entendre,
Tu remplis mes jours et mes nuits !
Le matin, quand l’aurore annonce la lumière,
Pour toi vers l’Eternel s’élève ma prière,
Avec ton nom que je bénis !
Quand l’Astre-Roi, répand sa chaleur bienfaisante,
Quand il dore des monts, la cime étincelante,
Je ne pense qu’à nos amours :
Quand la blonde Phœbé, commence sa carrière,
Ce qu’admirent mes yeux dans la nature entière
C’est toi, toujours toi, toi toujours !
Oui, soit que j’erre seul, à la clarté touchante
De cet astre mystérieux.
Dans un bosquet silencieux.
Où j’écoute le bruit de la brise odorante
Se mêler aux soupirs, dont mon cœur est heureux ;
Soit que, sur ma couche brûlante,
Je berce mollement mon âme palpitante
De songes embaumés qui se font à nos yeux
Une divinité charmante,
Amélie, oh ! c’est toujours toi
De qui le nom s'élève en moi !
Laisse-moi donc t’aimer, ô ma beauté suprême,
Comme l’abeille aime la fleur :
Oh ! laisse-moi surtout te dire que je t’aime,
Qu’à toi seule appartient mon cœur !