«
Oh ! quand me diras-tu « je t’aime ! »
Quel sera le jour adoré
Où ta voix, ta voix elle-même
Prononcera ce mot sacré ?
Douce Amélie,
Femme chérie,
Ô toi ma vie,
Ô mon amour ;
Mon cœur t’adore
Sans être encore
Sûr de l’aurore
D’un si beau jour !
Quel lieu choisiras-tu pour sceller tes promesses ?
Quels lieux seront témoins de nos doux entretiens ?
« Les forêts, me dis-tu, car jamais mes caresses
Ne voudront pour témoins d’autres yeux que les tiens ! »
« D’autres yeux que les tiens » ! Il est donc vrai, tu m’aimes !
Ô jour trois fois heureux ! Oui, les Anges eux-mêmes
M’envieront le bonheur que m’apporte ce jour !
Ô Vierge aimable et belle, oh ! pardonne, Amélie,
Pardonne à ton amant, pardonne à sa folie,
D’avoir douté de ton amour !
Pressez-vous, heures fugitives,
Hâtez ces trop heureux instants
Où des bois les nymphes craintives
Présideront à nos serments.
Hamadryades,
Tendres Naïades,
Belles Dryades
Recevez-nous.
Recevez-nous
Forêts secrètes,
Humbles retraites
Vous qui ne faites
Aucun jaloux !
Douce Amélie,
Femme chérie,
Ô toi ma vie
Et mon amour,
Mon cœur t’adore
Mon cœur t’implore
Sûr de l’aurore
D’un si beau jour !