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Ô ma Beauté, mon seul espoir,
Quelle est la cause de tes larmes ?
Dis-le moi : je veux le savoir,
À la source du désespoir
Pour ternir ainsi tes charmes ?
Quand tout sourit à nos amours,
Quand pour nous la nature entière
Se pare de tous ses atours,
Et se plaît à rendre à nos jours
Du bonheur, la douce lumière,
Pourquoi dans le sombre tourment,
D'une douleur vague et confuse
Soupires-tu si tristement,
Et donnes-tu si durement
Tant de déplaisir à ma muse ?
Pourquoi nourris-tu dans ton sein
Le sujet amer de tes craintes ?
Et pleine d’un cruel dédain
As-tu pris le fatal dessein
De me cacher toutes tes plaintes ?
Peux-tu penser que ton amant,
Sans pitié pourrait voir tes larmes ?
Peux-tu le croire indifférent,
Lui qui donnerait tout son sang,
Pour la moindre de tes alarmes ?
Te plaindrais-tu, perle des cieux,
Que j’ai peu de sollicitude
Pour notre amour si précieux ?
Moi qu’un seul regard de tes yeux
Plonge dans la béatitude !
Regretterais-tu ce moment
Si doux à mon âme ravie,
Où de t’aimer, je fis serment,
Où de me chérir tendrement
Tu juras, toi ma seule vie ?
Oh ! si tes pleurs devaient tarir,
En brisant l'amoureuse chaîne
Qui te lie à mon avenir,
Loin de te donner ce plaisir,
Je voudrais voir durer ta peine !
Notes
Recueil: Poésies inédites de Léonard (1870 - posthume).
Note: Face au grand nombre d'incohérences dans les divers poèmes de cette édition, et à l'absence d'autres éditions pour comparer, je me suis permis de faire quelques modifications au fil de mes publications sur ce site. Ici, j'ai modifié la ponctuation.
Vous pouvez lire l'édition d'origine ici:
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8798021/f19.item