«
Ô ma Beauté, je t’aime et je t’adore
Malgré les obstacles nombreux
Qu’a jeté contre nous la main des envieux
Pour arrêter notre amour près d’éclore :
Mais ne crains point, ô perle de l’aurore,
Notre amour fleurira, brillant et radieux !
En vain la calomnie affreuse
Elève autour de moi sa voix pleine de fiel,
Et d'une absinthe vénéneuse,
Tente d'empoisonner ton miel.
En vain, ô ma Beauté, ta pudeur est flétrie,
Ta pudeur, ce trésor qui vaut tous les trésors,
Au souffle impur de la hideuse envie,
Je veux, je veux sans cesse, épuiser jusqu’aux bords
La Coupe où mon amour, boit à longs traits la vie,
Et si nos paroles ne peuvent
Exprimer cet amour où nos deux cœurs s’abreuvent ;
Si, l'oreille attentive et l’œil sombre et hagard,
L’Imposteur nous poursuit, nous, touchant assemblage
D’amour et de malheur, alors pour tout langage,
Il nous suffira d'un regard.
Et si de la distance on emprunte les armes,
Si, malgré nos amères larmes,
On nous sépare : au souffle des zéphyrs,
Confiant nos douces paroles,
De notre amour chastes symboles,
Nous nous enverrons nos soupirs !