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Jouissons, ô ma Bergère,
De la saison des Amours !
Ce Soleil qui nous éclaire,
Demain reprendra son cours :
Mais quand la Parque ennemie,
Tranche le fil de nos jours,
À tous les biens de la vie
On dit adieu pour toujours.
Donne à l’Amant qui t’adore,
Mille baisers au matin,
Le long du jour, mille encore,
Mille encore à son déclin !
La nuit, brouillons-les dans l’ombre ;
Il faut tant les répéter,
Qu’enfin trompés par le nombre,
Nous ne puissions les compter.
Contre l’amour qui nous lie,
Laissons crier les jaloux !
Il est beau de faire envie ;
Le bonheur en est plus doux :
Que le nôtre ait tant de charmes
Qu’il irrite les désirs,
Et puisse en verser des larmes,
Le censeur de nos plaisirs !