«
Au Dieu des vents dans ma détresse,
J'adressais hier un appel :
Fais, disais-je par ta sagesse,
Qu'un voyage qui m’intéresse
Obtienne un sourire du Ciel !
Aux autans impose silence,
Étouffe leurs tristes clameurs :
Des nuages qui « triste chance ! »
Grèvent partout en abondance,
Dissipe les noires vapeurs.
Sois-nous propice, grand Éole :
Toi qui, dans ta puissante main,
Tiens l’ouragan qui nous désole
Et le zéphyr qui nous console,
Au dernier daigne ouvrir enfin.
Assez de pluie, assez d’orages !
Donne au temps un heureux réveil :
Donne-nous de beaux paysages,
En échange de tes nuages,
La nature a soif de soleil !
Hélas ! inutile prière :
À ma voix Éole fut sourd :
Et ce matin, ô sort contraire !
L’inconstance de l'atmosphère
Paraît être à l’ordre du jour !
Force est donc d’ajourner encore
Un voyage qui nous sourit
Quand d’un beau jour la fraîche aurore,
À nos yeux voudra bien éclore,
Nous mettrons ce jour à profit.