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Mirtile brûlé pour Glicère
Des feux d’amour,
À la porte de la bergère
Disait un jour :
Ô ma charmante pastourelle !
Reconnais-moi !
Permets que ton amant fidèle
Entre chez toi !
Glicère l’avait vu paraître
Et l’entendit ;
Mettant la tête à la fenêtre,
Elle lui dit :
Quand ma mère sera couchée,
Reviens ce soir ;
Maintenant, Glicère empêchée
Ne peut te voir.
Le soir vient ; le plaisir appelle
L’heureux amant ;
Il frappe au logis de la belle
Bien doucement,
Et murmure à sa tendre amie
Deux ou trois fois :
Ouvre-moi vite, je t’en prie,
Entends ma voix !
À ces mots, la jeune innocente,
Le cœur troublé,
Va, d’une main impatiente,
Tourner la clé ;
Puis au berger fermant la bouche,
Lui dit tout bas :
Ma mère est là, sur cette couche ;
Ne parle pas !
Elle avait un chapeau de rose,
Un corset blanc,
La collerette à demi-close,
Le sein tremblant,
Les cheveux flottants autour d’elle.
Et les pieds nus :
Dans ce désordre, elle était belle
Comme Vénus.
Je ne sais ce qu’à l’ingénue
Mirtile apprit :
Aujourd’hui, quand il la salue,
Elle rougit ;
Et si l’on parle d’amourette
Et de ses jeux,
Glicère confuse et muette
Baisse les yeux.