«
Lorsque le soir les bergers du village
Chantent en chœur leurs amours et leurs jeux,
Seul je me rends dans le bocage
Rêvant à l’objet de mes vœux.
C’est là que je l'attends, la Reine de mon âme,
Le silence des nuits est si doux à l’amour !
C’est dans ce gracieux séjour
Que pour elle mon cœur s’enflamme !
Le mystère des bois préside à nos serments
Le Ciel seul nous contemple, et la lune pensive
Prête sa lueur tendre à nos épanchements,
Et sourit au bonheur d’une beauté naïve !
La nature pour nous est lente à sommeiller :
Rien ne trouble la douce ivresse
Que notre cœur à savourer s’empresse,
Oh ! quand tout dort autour de sa maîtresse
Pour un amant, qu’il est doux de veiller !