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L'hiver (Daphnis)

Nicolas Germain Léonard · 1771 · Préromantisme · 18e siècle
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Daphnis. Sombre hiver ! malgré ta froidure, Que tu souris à mes regards ! Quelle clarté brillante et pure Le soleil prête à ses brouillards Dont s'enveloppe la nature ! Quel beau mélange offrent ces grains Dans la pointe paraît à peine, Ces noires souches de sapins Coupant la blancheur de la plaine, Ces perles que le vent promène Sur les rameaux de nos buissons, Et cette neige éblouissante, Sur qui la lumière naissante Fait étinceler ses rayons ! Dans leurs étables enfumées, Les troupeaux reposent en paix, Tandis qu'emportant des forêts Sa lourde charge de ramées, Le bœuf, au milieu des frimas, Imprime tristement ses pas. Je n'entends plus sur sa musette Le Berger chantant ses amours, Ni la matineuse fauvette Qui me charmait dans les beaux jours : Mais près de moi je vois encore Le roitelet et le moineau, Voler au lever de l'aurore, Et béqueter le vert nouveau, Dont la campagne se colore. Que j'aime à reposer mes yeux Sur le toit de ma jeune amante, D'où cette vapeur ondoyante Monte en noirs sillons vers les cieux ! Là, s'occupant de moi peut-être, Assise auprès de son foyer, Lisis aspire à voir renaître Le premier bouton printanier. Ô ma Lisis ! que tu m'es chère ! Je t'aimai du jour que Glicère Égara deux de ses agneaux : Tu voyais sa douleur amère Et tu donnais à la Bergère Deux de tes agneaux les plus beaux. Pendant la saison orageuse, Je veux sur ma flûte amoureuse Former pour toi de tendres airs Ô Lisis ! puissent mes concerts Être aussi doux que ta pensée, Quand des malheureux que tu sers L'image à tes yeux s'est tracée !

Notes

Recueil: Poésies pastorales. Note: Idylle quatrième du livre second. Dans l'édition de 1775, seuls les deux premiers vers seront modifiés: "Que l’hiver, malgré sa froidure, Semble sourire à mes regards !" https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1090874q/f85.item

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