«
En m’éloignant de ces lieux où mon âme
A tant de fois respiré ton amour,
Je sens mon cœur, ô belle et jeune femme,
Au moment du départ, désirer le retour !
Pourquoi nous fuir, plaisir si doux ?
Pour toujours vous envolez-vous ?
Que mon bonheur était digne d’envie,
Quand près de toi, seul je venais m’asseoir !
Quand je comptais les heures de ma vie
Par les instants si doux où je pouvais te voir !
Pourquoi nous fuir, plaisir si doux ?
Pour toujours vous envolez-vous ?
Te voir, ô toi qui me faisais entendre
Des mots divins que pour moi tu rêvais :
Te voir, Philis, et dire à ton cœur tendre
Les sentiments d’amour que pour toi j’éprouvais !
Pourquoi nous fuir, plaisir si doux ?
Pour toujours vous envolez-vous ?
Reviendrez-vous, heures si fortunées,
Chastes transports, et saints enivrements ?
Reviendrez-vous par l’amour couronnées,
Divines voluptés, que goûtaient deux amants ?
Pourquoi nous fuir, plaisirs si doux ?
Pour toujours vous envolez-vous ?