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Ah ! qu’elle est heureuse l'enfance
Avec ses rêves frais et doux,
Avec sa timide innocence,
Et sa gaîté qui rend jaloux !
Âge pur où tout n’est que joie,
Amour, harmonie et bonheur :
Âge pur où l’âme se noie
Dans les chastes plaisirs du cœur !
Oh ! que ne dure-t-il encore,
Ce printemps aimé de mes jours !
Pourquoi faut-il que son aurore
Ait hélas ! terminé son cours ?
Pourquoi faut-il que la vieillesse,
Froide et pesante ait envahi
Ce champ d’amour que ma jeunesse
Avait hélas ! seule embelli ?
Telle est hélas ! telle est la vie :
Fraîche et radieuse au matin,
Elle est riante, épanouie
Comme l’aube d’un jour serein !
Mais le soir un épais nuage
Voile ses attraits enchanteurs,
Et le vent glacé de l’orage
En flétrit les plus belles fleurs !