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Ah ! combien en est-il pour qui le bruit des armes
Et des canons grondants a d'ineffables charmes,
Et dont le cœur bondit, quand, au son des clairons,
S'ébranlent, à la fois, de nombreux escadrons !
Ah ! combien en est-il qui, pendant les tempêtes,
Lorsque la foudre éclate au-dessus de leurs têtes,
Trouvent, dans le chaos de tous les éléments,
Bien plus que des plaisirs... de vrais enivrements !
Quand l'insecte, l'oiseau, blottis dans la verdure,
Font entendre leur chant, leur timide murmure,
Que rochers et vallons répercutent la voix
Des meutes harcelant le fauve à travers bois ;
Quand, avec le fracas d'un magistral orchestre,
S'élance un fier torrent de quelque cime alpestre,
Ah ! combien en est-il pour qui ces bruits divers
Forment, séparément, le plus beau des concerts !
J'ai savouré, jadis, ces larges symphonies ;
Je me suis abreuvé de ces flots d'harmonies
Qui me mettaient au cœur un indicible émoi...
Depuis... je m'en détourne... ils ne sont rien pour moi !
Plus rien ne sont pour moi le cliquetis des armes,
Et les plaintes du vent pareilles à des larmes ;
Les éclats de la foudre et le rapide éclair,
Ainsi qu'un glaive ardent coupant en deux l'éther ;
Plus rien ne sont pour moi les drames de la plage,
Le cri du goéland quand gronde au loin l'orage
Le suprême combat du brick désemparé,
Des malheureux marins l'appel désespéré ;
Car il est avant tout une chose que j'aime,
Dont la naïveté forme un charmant poème,
Qui laisse derrière elle et le chant des oiseaux,
Et le gazouillement des limpides ruisseaux,
Les clairons éclatants, le canon, la mitraille,
Les hymnes de victoire après une bataille,
Et qui donne à mes yeux un regard triomphant…
C'est le premier babil de mon premier enfant !