«
Il est une maison vis-à-vis de la mienne
Où je jette parfois un curieux regard :
J'y vois, échelonnés par l'effet du hasard,
Les quatre âges divers de l'existence humaine :
C'est, au premier étage, un vieillard qui se traîne,
Perclus, à demi mort, le front bas, l'œil hagard.
Une Belle, au second, sous des couches de fard
Et des cheveux d'emprunt combat la quarantaine.
Couvrons d'un voile épais l'extase, le bonheur
De ces époux d'hier, à ce troisième étage...
Ils ne sont de l'amour qu'à la première page !
Et plus haut, sourions au printemps dans sa fleur :
À ces blonds chérubins cachés par un treillage,
Et qui chantent pareils à des oiseaux en cage !