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À l'extrême horizon, une imposante église
Aux deux clochers hardis, dans une vapeur grise
Vaguement se profile ; et, sur le second plan,
À travers des pommiers au feuillage opulent,
Qui s'arrondit et forme une sorte de dôme,
On voit quelques maisons aux grossiers toits de chaume ;
Enfin, au premier plan, de soleil inondé,
Un berger surveillant ses moutons, accoudé
Sur le sceptre des champs, la grossière houlette,
Suit d'un regard distrait la joyeuse alouette
Qui s'élève par bonds aux voûtes de l'azur
Et remplit les guérets de son chant frais et pur,
Tandis que son vieux chien, la robe hérissée,
Rabat sur le troupeau la brebis dispersée.
Rien de plus ! Mais la scène offre tant de grandeur
Que l'œil sonde, ébloui, longtemps sa profondeur.
Si le style c'est l'homme, encor plus en peinture
Montre-t-il ce qu'il vaut, son intime nature.
Aussi je tends la main à qui peint franchement ;
Pour les « chercheurs d'effets » je n'ai nul engouement.
Les Chaumes, dira-t-on, c'est l'œuvre d'un génie !
Pour moi, c'est mieux encor : c'est l'homme dont la vie,
Interprète du cœur, se divise en deux parts :
L'une pour sa famille et l'autre pour les arts,
Et, fort de son talent, qui, souriant et calme,
Attend que ses rivaux lui décernent la palme.