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Sous les grands bois je l'ai suivie !!!
C'était un jour de mai. La nature, au réveil,
De mille bruits charmants saluait le soleil.
Elle, un livre à la main, une fleur au corsage,
Sous un chapeau rustique abritant son visage,
Jetait à tous les vents sa joyeuse chanson...
Et moi, furtivement, de buisson en buisson,
Sous les grands bois je l'ai suivie.
Dans les halliers je l'ai suivie !!!
Ecoutez, écoutez, au loin les sons du cor !
C'est la chasse! Limiers, piqueurs chamarrées d'or,
Sautent murs et fossés. — Sur un cheval de race,
Par la course animée, elle est en tête et passe,
Mais en me saluant d'un sourire moqueur...
Et, sentant qu'avec elle est parti tout mon cœur,
Dans les halliers je l'ai suivie.
Au sein des flots je l'ai suivie !!!
Que de fois je la vis à l'Océan houleux,
Intrépide, livrer son beau corps onduleux !
La mer, dont elle semble alors la souveraine,
Tantôt l'emporte au large et tantôt la ramène.
Et moi, qui n'ose croire à de coquets ébats,
Je m'élance... je veux l'arracher au trépas...
Au sein des flots je l'ai suivie.
Par monts, par vaux, je l'ai suivie !!!
Partout où, jeune aiglon, elle essayait son vol,
Aux beaux lacs azurés, aux gorges du Tyrol.
Sur les rochers croulants, sur les glaciers de Suisse,
J'appelais un danger, crevasse ou précipice !
Ah ! si jamais mon bras eût pu la protéger,
Je n'aurais plus été pour elle un étranger...
Par monts, par vaux, je l'ai suivie.
Mon Dieu! mon Dieu! prenez ma vie !!!
Il est et pour jamais brisé, mon pauvre cœur !
Que voulait-elle ?... Un titre, et plus d'or que d'honneur…
L'hymen est accompli ; devant moi s'est fermée
La porte du bonheur ! — Dans la chambre embaumée
Où glisse mollement l'étoile de l'amour,
Tandis que, fou, je pleure et je ris tour à tour,
Hélas! un autre l'a suivie !!!