«
« Thee, thee, only thee. »
Du matin frais et pur la riante lumière,
L’étincelant midi, l’adieu sombre du jour,
La nuit longue et pourtant plus douce à ma paupière,
Qui s’écoule voilée et pleure avec l’amour ;
Du temps, dont la lenteur nous trompe et nous dévore,
Chaque pas qui s’envole ou s’avance vers moi,
Ce que j’ai vu distrait, ce qu’à peine je voi,
Me trouve ou m’a trouvé rêvant, rêvant encore
À toi, de toi, seulement toi !
De mes amis joyeux quand l’essaim m’environne,
L’impatient ennui dans leurs fêtes m’atteint :
Aux banquets vainement la coupe se couronne,
La coupe est sans ivresse et la rive s’éteint.
Leurs chants ne flattent plus ma jeunesse attristée,
Je ne reconnais plus ceux qui chantent pour moi :
Au milieu des flambeaux à peine je les voi ;
Comme un lieu sombre alors mon âme est visitée
Par toi, de toi, seulement toi !
La gloire avant l’amour appela mon hommage ;
Je n’aime plus la gloire, et j’en fuis le chemin.
Je ne vois que les lieux où brille ton image,
Je ne cherche que l’ombre où m’attire ta main.
Comme sur l’Océan des barques se balancent,
Les scènes de la vie ont glissé loin de moi,
Brillantes ? Je ne sais ! Dans tout ce que je voi,
Mes regards, mes regrets, mes vœux, mes pas s’élancent
À toi, vers toi, seulement toi!
La joie est à mon cœur par toi seule rendue,
J’aime jusqu’à mes pleurs quand tu causes mes pleurs ;
En de sombres accès telle une âme éperdue
N’appelle qu’une voix pour charmer ses douleurs.
Tu rafraîchis ma fièvre et ma vie embrasée,
Le monde jette en vain ses maux autour de moi ;
Ah ! je peux fuir le monde et les maux que j’y voi ;
Mon âme, je le sens, sera calme ou brisée
Par toi, pour toi, seulement toi !