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Le pauvre Pierre

Marceline Desbordes-Valmore · 1830 · Romantisme · 19e siècle
«
Il fait nuit. Le front triste, et couvert de poussière, Un vieillard qui succombe erre encor dans les champs ; Il écoute, pensif, l’heure de la prière Qui d’échos en échos semble porter ses chants. L’hymne s’est élancé du fond d’un saint hospice, Comme une providence appelant la douleur : « Ici, dit le vieillard, la Piété propice Pour son dernier sommeil offre un lit au malheur. Vous qui faites le bien, ouvrez-moi cet asile ; Ouvrez ! la terre enfin manque à mon pied débile. La vieillesse est pesante à l’homme sans appui : J’ai marché si longtemps ! je m’arrête aujourd’hui. » Nul gardien n’interdit l’hospitalière enceinte ; Seule une femme y veille ; on dirait la Pitié. De la prière au Pauvre épargnant la moitié, Elle guide ses pas dans la retraite sainte : Il hésite pourtant ; il se retourne encor ; Le courage lui manque à franchir la barrière ; Une larme qui roule au fond de sa paupière, De son cœur gémissant trahit le vain effort. « Ô femme ! arrêtez-vous à ma voix importune ; Ne fermez pas encor la barrière après nous ; Si mes genoux ployaient, je serais à genoux. Je ne marchais pas seul avec mon infortune ; Un ami me guidait, il m’aidait à souffrir ; Si vous nous séparez, cet ami va mourir… » « Calmez-vous, répond-elle ; attendez-nous, mon père : Vous parlez d’infortune et je connais sa voix : Mais si la douleur cède au secours de la terre, Vous venez de pleurer pour la dernière fois. Non ! vous ne mourrez pas loin d’un guide fidèle. » Alors courant au seuil, et prompte à revenir, Au vieillard suppliant, qui vient de la bénir, Elle ramène un chien qui bondit devant elle ; Et de cet humble ami les doux gémissements, Ses yeux mouillés, ardents de surprise et de joie, Racontent son bonheur, son effroi, ses tourments, Au maître à qui Dieu le renvoie. Sous leurs pas ranimés le cloître retentit ; La lune d’un rayon colore le vitrage ; C’est le ciel qui sourit à son plus bel ouvrage, À l’homme qu’il éprouve et dont l’âme obéit. D’un nouveau compagnon l’arrivée imprévue Arrête les discours au foyer commencés ; On l’accueille, on l’entoure, et des cœurs empressés Semblent s’émouvoir à sa vue. Pour toucher les mortels jamais la Pauvreté N’avait pris un aspect plus noble et plus paisible ; Un œil indifférent, sur le sien arrêté, Se baissait dans les pleurs et devenait sensible. Près d’un siècle pesait sur son front calme et nu ; Les ans et les malheurs, écrits sur son visage, Y laissaient lire encore un tranquille courage, Et ses yeux recélaient un éclat inconnu. Soutenant le fardeau de sa haute stature, Comme un chêne mourant lève son front aux cieux, Des orages du monde il supportait l’injure Dans un espoir silencieux. Sa tête avait blanchi sur des rives lointaines ; Ses pieds gonflés portaient l’empreinte de ses chaînes Son sang avait coulé sous des fers inhumains, Et l’affreux esclavage avait meurtri ses mains. Son champ natal n’est plus qu’un chemin solitaire ; Personne à ses vieux ans ne promet un beau jour ; Ses amis, ses enfants, qu’il cherche à son retour, Ont tous disparu de la terre. Alors dans un hospice il va cacher son sort : Sous l’humble nom de Pierre, on l’y regrette encor. On dit que de sa voix la douceur pénétrante Versait dans tous les cœurs de célestes secours ; Les malades entre eux répétaient ses discours, Car ils faisaient sourire une bouche mourante. Près des êtres plaintifs, dont il charmait les maux, N’osant de ses malheurs recommencer l’histoire, Les tendres souvenirs qui peuplaient sa mémoire Se peignaient dans ces mots : « Quand la nuit sans sommeil glisse sur ma paupière, « Avant que ses pavots assoupissent mon cœur, « Ma mémoire m’oppresse, et jette sa lumière « Sur mes premiers beaux ans, sur mon lointain bonheur. « Je revois ma jeunesse, et ses jeux et ses charmes ; « Ma mère à son foyer, son sourire, ses larmes ; « Une chaste beauté, qui fut mon seul amour, « Et qui ne m’attend plus qu’au céleste séjour ; « Ces yeux, alors brillants du feu pur des étoiles, « Où dès longtemps la mort a répandu ses voiles ; « Tous ces cœurs palpitants, doucement abusés, « À présent désunis, désenchantés, brisés ! « Dans ce tableau fuyant, quand mon âme troublée « Contemple tant d’objets arrachés à ma foi, « Je crois voir s’envoler, sur ma route isolée, « Des feuilles que le vent emporte devant moi. « Je suis l’homme qui passe, après un jour de fête, « À travers le banquet sans convive : il s’arrête ; « Il n’entend d’autre bruit que le bruit de ses pas. « Je regarde, j’écoute, et je compte tout bas « Les places du festin sitôt abandonnées, « Tous les flambeaux éteints, toutes les fleurs fanées, « Tous les tombeaux sans noms, tous les échos sans voix ; « Et je crie : Où sont-ils mes amis d’autrefois ? « Et toujours, quand la nuit glisse sur ma paupière, « Avant que ses pavots assoupissent mon cœur, « Ma mémoire m’oppresse, et jette sa lumière « Sur mes premiers beaux ans, sur mon lointain bonheur. » Au jardin de l’hospice, où règne un frais ombrage, Où des zéphirs plus purs ravivent son courage, Une jeune malade allait traîner son sort, Et chaque jour ses pas y languissaient encor. Elle ne souriait qu’à travers un nuage ; Rien n’éclairait le voile où s’éteignaient ses yeux : « Heureux avant le soir qui finit son voyage ! » Disait-elle au vieillard, en regardant les cieux. De ses derniers soupirs elle était oppressée ; Un secret douloureux l’étouffait ; mais sa voix Retenait les aveux de cette âme blessée ; Elle souffrit longtemps sans se plaindre une fois. Il l’aima plus qu’une autre ; elle était malheureuse. Elle osa sur son sein reposer sa douleur ; Comme à l’ormeau s’attache une fragile fleur, Pour retarder d’un jour sa chute douloureuse. Il ne demandait pas : « Pourquoi veux-tu mourir ? » Mais d’un œil pénétrant il regardait ses larmes, Ce front où la jeunesse avait perdu ses charmes, Et disait : « C’est l’amour qui la fait dépérir. Hélas ! d’autres comme elle, en leur fièvre brûlante, Ont demandé ce froid sommeil ; D’autres ont souhaité cette nuit sans réveil ; D’autres ont dit : La vie est lente ! Ô femmes ! plaignez-vous ; car souvent un regret Des précoces trépas renferme le secret. La tombe est sans aveux ; elle est sourde, immobile. C’est de l’éternité l’enveloppe fragile, C’est le bonheur peut-être à la fin obtenu ; Mais les tendres adieux ne peuvent y descendre ; Non ! les plus douces voix n’éveillent pas la mort. Les fleurs qu’on y répand tombent sur de la cendre Qui ne tressaille plus, même aux pleurs du remord. Attendez ! méritez la paix par la prière, Et dans l’ombre Dieu seul versera la lumière. » Un soir d’automne, au coucher du soleil, Quand les arbres entre eux forment un long murmure, Quand l’homme est triste, et qu’on voit la nature, Quittant ses fleurs, se livrer au sommeil ; Quand des ruisseaux l’eau, moins claire et moins vive, Traîne en dormant la dépouille des bois, Et qu’un doux rossignol vient gémir sur la rive Où son chant d’espérance éclata tant de fois ; Troublant seul des jardins l’humide solitude, Pierre, dont la pitié précipite les pas, Cherche sa jeune amie avec inquiétude ; Il traîne sa blessure et ne s’arrête pas. Il la trouve à genoux, priant à la chapelle Où chaque jour son Dieu l’épouvante et l’appelle ; Ses yeux, où flotte à peine un reste de clarté, Implorent du vieillard le regard attristé : « Ô mon père ! aidez-moi dans l’adieu de la vie ; D’une autre plus affreuse elle sera suivie : Un châtiment terrible est prêt à me saisir. La vie a deux chemins, je n’ai pas su choisir. Par de fausses lueurs entraînée, éperdue, Me voici devant Dieu jugée et confondue. À présent qu’elle est là, je redoute la mort, Mon père ! la craint-on lorsqu’on est sans remord ? Soutenez-moi ; laissez mon âme languissante Retourner un moment dans ma vie innocente, Y relever mon front que la honte a courbé, Comme un roseau flétri sous l’orage tombé. Que je pleure une fois dans le sein de ma mère ! Que mes sœurs sans rougir disent : Voilà ma sœur ! Qu’on me laisse rentrer sous le toit de mon père, Et qu’une voix encor m’y parle avec douceur ! Qui donc a pris ma place à leur foyer paisible ? Oh ! que n’y puis-je errer comme une ombre invisible ! Que j’ai soif du ruisseau qui coule en paix pour eux ! Comment suis-je si pauvre ? ils sont si généreux ! Ah ! c’est qu’on m’a fermé leur maison tutélaire, Qu’on alluma sur moi leur pieuse colère. Mais vous, à qui jamais je n’ai manqué de foi, Conduisez leur enfant, venez, soutenez-moi ! Rendez-moi cet air pur dont ma bouche est avide ; Faites taire l’écho qui me nomme perfide ; Obtenez-moi du ciel un moment de sommeil Qui ne soit pas troublé par l’effroi du réveil ; Un seul moment d’oubli !… Je serais trop heureuse ; Mon père, il faut subir cette lumière affreuse. Regardez sous mes pieds un abîme entr’ouvert ; Dieu ! j’y vais donc souffrir tout ce que j’ai souffert ! » « — Qu’y voyez-vous ? » — « Ma faute au grand jour dévoilée ; Des regards curieux attachés sur mon front, Et des rires affreux proclamant mon affront. J’y vois une coupable… ! Oh ! qu’elle est accablée ! À sa honte qui pleure on arrache un bandeau ; Elle veut se cacher, ses mains sont enchaînées ; Sur ses pas chancelants des ombres acharnées Répandent la lueur d’un horrible flambeau. Elle tombe à genoux ; quelle foule autour d’elle ! Entendez-vous crier : Infidèle ! infidèle ! Elle ne mourra plus de ce mortel effroi : Cet enfer, c’est le mien ; cette femme, c’est moi. » « — Qui vous l’a dit ? » — « Mon père, il est trop véritable ; C’est Dieu qui l’а prédit au livre redoutable ; Dans ce lieu d’agonie, et pourtant sans trépas, La prière s’éteint, la pitié n’entre pas. Quoi ! jamais de pardon ! quoi ! jamais d’indulgence ! Jamais d’oubli, jamais ! ardente à sa vengeance, La mémoire implacable, au reproche éternel, Du crime entretiendra toujours le criminel ! Voilà ce qu’ils m’ont dit quand j’ai demandé grâce ; Voilà ce que j’entends dans mon cœur qui se glace ; Ils ne m’ont pas promis de terme à mes malheurs ; Et dans l’éternité je vais chercher des pleurs. » — « Pour qui donc priez-vous ? » — « Pour l’auteur de mon crime ; Pour que Dieu soit content d’une seule victime ; Pour qu’un être si cher, entraîné par l’amour, Ne soit pas avec moi condamné sans retour. » — « Quoi ! vous lui pardonnez ? » — « Dieu ! si je lui pardonne ! L’auriez-vous demandé s’il vous était connu ? Je n’ai plus que des pleurs, eh bien, je les lui donne ; Si j’avais eu le Ciel, il l’aurait obtenu ! Loin de rendre aux amours sa jeunesse attristée, J’en suis sûre, il me cherche, il m’appelle tout bas. Moi, prononcer son nom d’une voix irritée ! Mon père, il l’entendrait qu’il ne le croirait pas. Pensez-vous que l’excès du remords qui m’accable De deux infortunés sauve le moins coupable ? Il le fut moins que moi, car j’aimai plus que lui ; Jugez-en ; c’est pour lui que je prie aujourd’hui ; C’est pour lui que je tremble à mon heure suprême ; C’est pour lui que j’expire, ah ! jugez si je l’aime ! » — « Ne parlez plus d’amour, lui dit Pierre, pleurez ! » Il ajouta pourtant : « Pauvre femme, espérez ! Espérez ! Dieu l’ordonne en sa bonté sublime ; Sa main vous cherchera jusqu’au fond de l’abîme. L’homme qui vous maudit a besoin de pardon ; Dieu pour l’impitoyable a gardé l’abandon. Qui ne porte en son sein l’amertume cachée, L’épine douloureuse, à sa vie attachée, De quelque repentir, vainement combattu, Qui fait trembler l’espoir et gémir la vertu ? Espérez ! écoutez la voix du pauvre Pierre ; Le ciel, c’est la clémence, il s’ouvre à la prière. Mais, ma fille, un vieillard qu’on fit longtemps souffrir, S’il consentit à vivre, a seul droit de mourir. Jeune, vous repoussez la coupe de vos larmes ! Le remords vous protège, et vous brisez ses armes ! Vous abrégez la route où vos pas sont comptés ! Vous rejetez vos ans sans les avoir portés ! Le mépris vous accable… ? ah ! j’en sais l’amertume ; J’ai bu tous les poisons dont le fiel nous consume ; Mais je peux rendre à Dieu mon âme qu’il forma : Même au sein du malheur, j’ai chanté sa louange. Dieu souffrit, Dieu mourut pour l’ingrat qu’il aima : Du repentir aussi le ciel a fait un ange ; Et la religion, qui soutient les mortels, Bénit la pénitence aux pieds de ses autels. « Belle religion ! astre d’une autre vie, Dont le rayon sauveur ouvrira les tombeaux, Toi qu’on ose ternir par de sombres flambeaux, Toi qui verrais la terre à ton culte asservie, Si l’affreux fanatisme au monde épouvanté Ne dérobait, jaloux, ta céleste clarté, Viens relever cette âme effrayée et coupable ; Dis de quelles vertus le remords est capable ; Dis qu’en ce monde encore il est des malheureux, Et que, mort à soi-même, il faut vivre pour eux ! « Jeune femme, écoutez : au fond de cet asile, Un autre infortuné, qu’un mal hideux exile, Souffre, s’enferme, et meurt. Hier, demain, toujours, L’affreux dégoût de vivre empoisonne ses jours. On n’accorde à sa soif que l’étang solitaire, Ou le ruisseau qui roule inconnu dans les bois ; Autour de ce vivant on isole la terre, Et l’on conjure l’air infecté de sa voix. Sa voix sourde et brisée est une plainte aride ; Son regard fait frémir qui l’ose rencontrer ; Mais la Pitié, ma fille, est un ange intrépide ; Au Malheur qui se cache elle court se montrer. Sous des lambeaux sanglants, il voile la colère Du fléau destructeur qui ravage son front ; Allez-y contempler le châtiment sévère Dont l’homme en son orgueil subit le long affront. À son livide aspect, la morne inquiétude Dans la foule pour lui creuse la solitude ; Courbé sous l’anathème, il erre en soupirant ; Le plus beau jour s’éteint sur son œil expirant. Quelquefois il rugit, il blasphème, il s’abhorre ; Il cherche sur le sable un rare et vain sommeil ; Son sommeil est l’enfer, l’enfer est son réveil ; Son nom est le Lépreux… C’est notre frère encore ! Je l’ai nommé mon frère, et j’ai touché sa main ; J’ai promis à sa honte une céleste gloire ; L’infortune a besoin d’écouter et de croire ! Il croit, il se prosterne, il poursuit son chemin. Chez l’homme qu’il effraie il n’a plus de patrie ; Il en pressent une autre, il s’y prépare, il prie ; Dans son jardin désert, il cultive des fleurs : « Elles daignent, dit-il, éclore sous ses pleurs. » Son souffle ne ternit leurs parfums ni leurs charmes. Pour ces frêles trésors portez-lui quelques larmes ; Allez ! une voix triste est chère aux malheureux ; Elle est de leur tristesse un écho douloureux. Sa pieuse corbeille à vos mains est offerte ; Elle brille à sa porte. Il la laisse entr’ouverte, Dans l’ardente espérance, il me l’a dit un jour, Que quelque enfant naïf, au seuil de son séjour Attiré par l’éclat de ces fleurs solitaires, Croyant lui dérober ses présents volontaires, Du silence éternel qui règne autour de lui Par quelques sons furtifs rompra l’affreux ennui ! « Quand je ne serai plus, quand ma cendre glacée Dormira sous vos pas pieux, Continuez mon sort, prolongez ma pensée, Portez-lui vos accents émus de nos adieux… Demain, vous aurez vu se fermer ma paupière ; Demain, il recevra le legs du pauvre Pierre ; Demain, seule, vers lui mon chien vous conduira, Et, fidèle au malheur, mon chien lui restera. Si ce don attendrit son austère souffrance, Si dans ses durs sanglots vous sentez quelques pleurs, Une invisible main suspendra vos douleurs, Et vous croirez à l’espérance. » Pierre ne parla plus. Recueilli dans ses vœux, Sur l’autel un moment il appuya sa tête. On eût dit que les deux s’entr’ouvraient pour sa fête, Et que d’une coupable ils jugeaient les aveux. Peut-être elle espéra ; car sa vue attentive Aux lèvres du vieillard resta longtemps captive ; Elle pressa ses mains sur son cœur ranimé, Et crut dans son regard voir un ciel désarmé. Des malades au loin la foule répandue Se dirige à sa voix faiblement entendue : Cette foule souffrante, à l’heure des récits, N’a point vu le vieux pauvre au milieu d’elle assis. « Que fait-il ? est-il mieux ? dit un homme ; on l’ignore ; « Il était faible hier ; est-il plus faible encore ? « Une soirée est longue ; allons tous le chercher. « S’il souffre davantage, il veut nous le cacher, « Car sa plainte jamais n’attrista notre oreille ; « C’est pour nous consoler que la douleur l’éveille ; « Mais sa trame est usée, et nous touchons au jour « Qui doit de ses vertus nous priver sans retour. « Hier, l’oiseau de nuit vint frapper sa fenêtre ; « C’est pour quelqu’un de nous que je l’ai vu paraître. « Pierre quitta son lit en disant : « Me voilà ! » « Et de ses yeux fermés une larme coula. « Je l’ai vu, car la lampe au mur brûlait encore ; « Mais elle s’est éteinte une heure avant l’aurore, « Et je n’ai pu dormir. » Le cortège tremblant Dans un morne tumulte avance vers le cloître. D’un écho qui soupire et s’éveille en parlant Leur tristesse semble s’accroître. En vain des rayons purs frappent les vastes cours, En vain la lune est belle et suit en paix son cours, Chacun pense au présage, et, racontant son rêve, Croit saisir du destin le voile qu’il soulève. « Ce pauvre, couronné d’un illustre malheur, « Pierre fut un guerrier, oui, tout porte à le croire : « Chaque pli de son front cache un reflet de gloire, « Et sa longue misère expia sa valeur. « On brisa dans l’exil son génie et sa force, « Son sein cicatrisé souvent nous l’attesta ; « Comme un cèdre frappé garde sur son écorce « Tous les coups impuissants que l’homme lui porta. « Ne dira-t-il jamais ses tristes destinées ? « Par qui de telles mains purent être enchaînées ? « Mais le voilà paisible, il prie, il nous attend… « Le présage est menteur, car il paraît content. « Le voilà ! le voilà ! » Leurs cris touchent le sage ; Il se lève : un grand calme est peint sur son visage. Tous semblent écouter son sourire penseur ; Tous cherchent son regard et brûlent de l’entendre. L’amitié qui s’alarme est plus vive et plus tendre ; Tous appellent sa voix si forte en sa douceur ! « Approchez, leur dit-il, mes frères d’infortune ; Ma misère à vous seuls ne fut point importune ; Vous avez recueilli les débris de mon sort. Cet asile s’ouvrit pour cacher mon naufrage. Rejeté par les flots de rivage en rivage, Tel un vaisseau perdu rentre et périt au port ; Le nom qu’il a porté dans ses courses lointaines, Ses voiles, ses festons, sa gloire, ses couleurs, On n’en reconnaît plus les marques incertaines, Et ses flancs déchirés n’ont dit que ses malheurs. Libre dans mes destins, ou courbé sous des chaînes, Partout où j’égarai mes pas aventureux, J’écoutai ; les récits charmaient toutes mes peines, Je devenais meilleur, j’étais moins malheureux. Des malheureux surtout je retenais l’histoire, Les chants tristes plaisaient à mes chagrins rêveurs ; Des sages en glanant j’amassais les faveurs : L’indigent qui voyage enrichit sa mémoire. Cet invisible bien, qu’on n’a pu me ravir, À distraire vos maux il devait me servir. Pour mes secrets, qu’importe ? Outragé par l’envie, Découragé, puni des plus nobles penchants, J’ai voulu voyager seul à travers la vie, Pour ne m’égarer plus au chemin des méchants. Leurs flèches, leurs clameurs, m’insultèrent dans l’ombre ; Je jetai mes lauriers qui frappaient leurs regards ; Et, méconnu, cherchant de plus humbles hasards, Je m’écriais, alors qu’ils outrageaient mon ombre : Voguez, voguez, ma barque, et sans guide et sans peur. « Quelque part que le veut nous pousse et nous égare, Il ne peut nous jeter sur un sol plus barbare, Plus triste que le sol d’où j’arrache mon cœur. Chaque phare tremblant qui nous prête sa flamme, Chaque vague qui roule et qui blanchit la rame, Semble dire en passant : Viens ! livre-nous ton sort ! Si le trépas habite au fond de nos demeures, Que tu vives ou que tu meures, Nous serons avec toi moins perfides encor Que les mortels ingrats, dont les vaines tendresses, Dont les sourires faux, dont les feintes caresses, Ont égaré ta voile et déchiré ton cœur. Ainsi, voguez, ma barque, et sans guide et sans peur. Jetez-moi dans l’espace et volez sur les flots, À travers les écueils, le calme ou les orages. Pour qui laisse après soi de si cruels rivages, Les plus cruelles mers sont des champs de repos. Mais si nous rencontrons quelque sauvage rive, Où l’air soit pur encore et l’âme encor naïve, Eden où les médians n’abordèrent jamais, Arrêtez-vous, ma barque, et que nos destinées À ce libre bord enchaînées, Sur de tranquilles eaux s’endorment désormais. Laissez-moi de l’oubli boire le frais breuvage ; Et, lentement calmés d’un douloureux voyage, De mes jours moins émus laissez couler les flots ; Mais, jusque-là, voguez sans peur et sans repos. « Le repos est ici, mon âme s’y prépare ; L’ami des malheureux pour un jour s’en sépare ; Tous en foule où je vais vous viendrez me revoir ; Moi, je touche au bonheur, je vous laisse l’espoir. Levez les yeux ! c’est là que je vais vous attendre ; C’est le palais du pauvre et l’humble y peut prétendre. Oui, l’homme, dont les pleurs ont arrosé le pain, À ce banquet promis ne frappe pas en vain. J’épuise enfin du sort l’amertume secrète ; Ma blessure se tait. Quoi ! dans mon sein calmé Je ne retiendrai plus mon tourment renfermé ? La résignation est la douleur muette, Amis, en vous parlant mon sourire était doux ; Mais j’étais homme, hélas ! je souffrais comme vous. Je suis mieux ; partagez mon ineffable joie ; Souriez à ma mort ; venez, que je vous voie ! Dieu ! quel fardeau pénible échappe à mes efforts ! Que mon âme est légère en rompant ses ressorts ! D’un long bannissement ne plaignez plus ma vie ; Le ciel l’absout, j’en sors ; qu’elle vous fasse envie ! Ce temple hospitalier me doit le dernier don : Qu’un voile généreux tombe sur ma poussière ; Si vous parlez de moi, dites : Le pauvre Pierre : Pierre fut votre ami, qu’il n’ait plus d’autre nom ! » Tous pleuraient, quand la cloche, au milieu du silence, Des prières du soir annonce le retour ; Et du sage expirant l’heure, qui se balance, Semble un salut de paix aux mortels d’alentour. À genoux devant lui leurs sanglots lui répondent ; Pour le bénir encor leurs âmes se confondent ; Un regard plein d’amour fut son dernier adieu ; Et sa voix s’éteignit en murmurant : « Mon Dieu ! »

Notes

Recueil: Poésies de Madame Desbordes-Valmore (1830). Dédicace: A mon oncle. https://archive.org/details/posiesdemadamed01valgoog/page/n73/mode/2up https://societedesetudesmarcelinedesbordesvalmore.fr/oeuvrepoetique/poeme.php?id_poeme=Bertrand427

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None Bien jeune, bien seule None Blanche et Rose 1826 Bonsoir 1825 Boïeldieu 1834 Béranger 1833 C'est le bonheur, c'est toi 1819 C'est moi 1823 Caméléon 1843 Cantique des bannis 1836 Cantique des mères 1834 Celle qui ne rit pas 1825 Chanson créole 1819 Chant d'une jeune esclave 1821 Cigale 1860 Clémentine 1820 Clémentine à Marie 1819 Conte d'enfant 1820 Conte imité de l'arabe 1819 Crois-moi 1860 Croyance 1834 Croyance populaire 1843 Dans l'été 1860 Dans la rue 1834 Dernière entrevue 1860 Deux chiens 1839 Deux jeunes filles 1839 Deux mères 1860 Deux noms 1843 Dieu pleure avec les innocents 1843 Dormeuse 1835 Dors! 1843 Dors-tu? 1833 Départ de Lyon 1840 Départ sans retour (traduit de Bohan Zaleski) 1850 Détachement 1833 Ecrit sur l’album de Pauline Duchambge None Ecrivez-moi 1833 Elisa Mercœur 1835 Elle a voulu mourir 1838 Elle allait s'embarquer encore 1860 Elégie (Dusses-tu me punir...) 1830 Elégie (Fut-elle donc pour moi...) 1830 Elégie (Il avait dit un jour...) 1830 Elégie (Il fait nuit...) 1830 Elégie (J'étais à toi...) 1822 Elégie (Ma sœur, il est parti...) 1822 Elégie (Peut-être un jour...) 1822 Elégie (Quand le fil de ma vie...) 1830 Elégie (Quelle est donc cette voix...) 1823 Elégie (Qui, toi, mon bien-aimé...) 1822 Elégie (Quoi! les flots sont calmés...) 1822 Elégie (Toi que l'on plaint...) 1826 Elégie (Toi qui m'a tout repris...) 1830 Elégie (Un jour, écoute...) 1830 Envoi du livre des pleurs 1843 Et comme on verrait sur les ondes... None Fierté, pardonne-moi... 1860 Fileuse 1843 Fileuse (2) 1843 Fileuse (3) 1860 Fleur d'enfance 1836 Fragment (Quand les anges...) 1860 Fragment (Si Dieu l'avait voulu...) None Frère, époux et maître... 1843 Fête d'une ville de Flandre 1843 Hippolyte 1837 Hortense Seligmann 1832 Idylle (*La visite au hameau) 1822 Il va parler 1819 Imitation du même auteur (Thomas Moore) None Imitation libre de Thomas Moore None Invitation à la valse 1860 Inès 1850 J'avais froid 1839 Jamais adieu 1829 Je l'ai promis 1839 Je l'ai vu 1826 Je ne crois plus 1833 Je ne sais plus, je ne veux plus 1825 Je veux aller entendre... None Je veux t'aimer toujours (*Le serment) 1819 Jeune fille 1843 Jeune homme irrité sur un banc d'école... 1843 Jone et Sophie 1819 Jour d'orient 1860 Jours d'été 1843 Jusques au fond de mon âme... None L'abandon 1815 L'absence 1822 L'absence (Quand je me sens mourir...) 1830 L'accablement 1825 L'adieu 1822 L'adieu du soir 1819 L'adieu tout bas 1833 L'agonie du mineur 1839 L'ami d'enfance 1860 L'amie 1860 L'amour 1830 L'ange et la coquette 1833 L'ange et le rameau 1827 L'ange gardien 1835 L'anneau d'argent None L'arbrisseau 1819 L'attente (C'est l'heure où, par mon âme...) 1839 L'attente (Il m'aima...) 1825 L'attente (Quand je ne te vois pas...) 1831 L'augure 1839 L'aumône 1860 L'aumône au bal 1833 L'autruche et le pélican 1825 L'aveu permis 1819 L'eau douce 1860 L'enfant abandonné 1843 L'enfant amateur d'oiseau 1843 L'enfant au miroir 1849 L'enfant au rameau 1832 L'enfant béni 1843 L'enfant et la foi 1843 L'enfant et le pauvre 1834 L'enfant grec 1839 L'enfant triste 1860 L'entrevue au ruisseau 1830 L'esclave 1820 L'esclave et l'oiseau 1856 L'espoir 1830 L'espérance 1816 L'espérance (2) 1860 L'exil 1830 L'exil (2) None L'exilé 1819 L'exilée 1830 L'hirondelle et le rossignol 1820 L'hiver 1839 L'horloge arrêtée 1843 L'idiot 1830 L'image dans l'eau 1860 L'impatience 1825 L'impossible 1833 L'imprudence 1819 L'inconstance 1819 L'indiscret 1825 L'innocence 1860 L'inquiétude 1819 L'insomnie 1819 L'isolement 1825 L'oiseau 1849 L'orage (Dans sa course brûlante...) 1825 L'orage (Oh! quelle accablante chaleur...) 1819 L'oraison 1828 L'oreiller d'une petite fille 1830 L'orpheline 1819 L'âme de Paganini 1832 L'âme en peine 1839 L'âme errante 1860 L'écho (Tout pour l'Amour...) 1819 L'écolier 1822 L'églantine 1830 L'église d'Arona 1843 L'éphémère 1833 L'étonnement 1833 L'étrangère 1820 La colère (À l'amour) 1820 La couronne effeuillée 1849 La crainte 1833 La danse de nuit 1860 La dernière fleur 1833 La double image 1839 La douleur 1819 La femme aimée 1836 La feuille volée 1860 La fiancée 1822 La fiancée du marin 1830 La fiancée du matelot 1839 La fiancée du veuf 1860 La fiancée et le choléra 1839 La fiancée polonaise 1831 La fidèle 1860 La fileuse et l'enfant 1851 La fleur (L'hyacinthe) None La fleur d'eau 1834 La fleur du sol natal 1828 La fleur renvoyée 1818 La fontaine 1823 La fontaine (de Thomas Moore). 1837 La fête 1825 La fête (de Thomas Moore) 1843 La goutte d'eau 1825 La grande petite fille 1849 La guirlande de Rose-Marie 1825 La jalouse 1833 La jeune châtelaine 1826 La jeune comédienne à Fontenay-les-Roses 1860 La jeune fille et le ramier 1860 La jeune pensionnaire 1849 La jeune épouse 1820 La journée perdue 1820 La madone des champs 1834 La maison de ma mère 1834 La meunière et son seigneur 1839 La montre 1820 La mouche 1822 La mère qui pleure 1860 La mémoire 1833 La nid solitaire 1851 La novice 1826 La nuit 1822 La nuit d'hiver 1819 La nymphe toulousaine 1820 La page blanche 1843 La parole d'un soldat 1843 La pastourelle 1819 La pauvre fille 1860 La pauvre orpheline 1839 La pendule de ma mère None La petite Hélène None La petite pleureuse, à sa mère 1849 La piqûre 1829 La plume None La première captivité de Béranger 1828 La première communion (d'Inès) 1843 La première heure de l'année 1830 La prière de Laure 1820 La prière des orphelins 1860 La prière perdue 1820 La promenade d'automne 1820 La pélerine 1819 La reconnaissance 1825 La ronce 1843 La rose effeuillée (de Cowper) 1829 La rose flamande 1860 La sincère 1833 La souris chez un juge 1825 La suite du vieux crieur du Rhône 1824 La séparation (Il est fini...) 1819 La séparation (Il le faut...) 1825 La tombe lointaine 1839 La vallée 1830 La vallée de la Scarpe 1828 La veillée du nègre 1825 La vie 1843 La vie et la mort du ramier 1829 La violette None La voix d'un ami 1860 La voix perdue 1851 Laisse-moi t'aimer (Toi! Me hais-tu?) 1832 Laisse-nous pleurer 1860 Le Luxembourg 1839 Le bal 1822 Le bal des champs (ou la convalescence) 1825 Le banni 1860 Le baptême d'un prince 1843 Le beau jour 1825 Le berceau d'Hélène 1820 Le billet (Je sais lire...) 1830 Le billet (Message inattendu...) 1819 Le billet (Quand je t’écris...) 1819 Le billet d'une amie 1825 Le bon ermite 1826 Le bouquet sous la croix 1827 Le calvaire 1829 Le chien d'Olivier 1820 Le chien et l'enfant 1860 Le ciel se dégage None Le concert 1819 Le convoi d'un ange 1833 Le coucher d'un petit garçon 1830 Le crieur de nuit 1831 Le dernier rendez-vous 1830 Le derviche et le ruisseau 1828 Le dimanche des rameaux 1843 Le départ None Le faneur et l'enfant 1860 Le grillon 1843 Le jumeau pleuré 1832 Le livre de ma fille Ynès 1839 Le livre de prière 1843 Le mal du pays 1833 Le mariage d'une jeune reine 1839 Le marinier 1839 Le mauvais jour 1843 Le mendiant 1827 Le message 1830 Le miroir 1820 Le moineau franc 1843 Le nuage et l'enfant 1848 Le papillon malade 1825 Le pardon 1819 Le parfum d'un album 1839 Le pasteur 1822 Le petit Arthur de Bretagne 1822 Le petit ambitieux 1830 Le petit brutal 1860 Le petit menteur 1823 Le petit mécontent 1847 Le petit oiseleur 1827 Le petit peureux 1830 Le petit rieur 1833 Le portrait 1819 Le premier amour 1819 Le premier chagrin d'un enfant 1833 Le pressentiment 1817 Le printemps 1825 Le prisonnier de guerre 1829 Le présage 1828 Le puits de Notre-Dame à Douai 1860 Le regard 1819 Le rendez-vous 1825 Le retour aux champs 1819 Le retour chez Délie 1828 Le retour du marin 1833 Le retour à Bordeaux 1825 Le rossignol aveugle 1832 Le rossignol et la recluse 1843 Le ruban 1819 Le ruisseau 1820 Le réveil (Je dormais) 1819 Le rêve de mon enfant 1825 Le rêve du mousse 1834 Le rêve à deux 1860 Le sage et les dormeurs 1828 Le salut aux morts 1843 Le sansonnet, l'oiseau grec et le rossignol 1823 Le saule 1843 Le secret 1825 Le secret perdu 1860 Le soir (En vain l’Aurore...) 1819 Le soir (Seule avec toi...) 1825 Le soir d'été 1825 Le soleil des morts 1843 Le soleil lointain 1846 Le sommeil de Julien 1819 Le songe 1833 Le souvenir (Votre main bienfaisante...) 1819 Le souvenir (Ô délire...) 1819 Le troubadour en voyage 1819 Le trèfle à quatre feuilles 1845 Le ver luisant 1825 Le vieux crieur du Rhône 1822 Le vieux pâtre 1831 Le voisin blessé 1860 Les ailes d'anges 1831 Les amitiés de la jeunesse 1843 Les cloches du soir 1829 Les cloches et les larmes 1860 Les danses de Lormont 1859 Les deux abeilles 1825 Les deux amitiés 1819 Les deux amours 1819 Les deux bergères 1820 Les deux marinières 1860 Les deux mères 1819 Les deux peupliers 1829 Les deux peupliers 1829 Les deux ramiers 1826 Les enfants à la communion 1843 Les fleurs 1833 Les fleurs de Jean-Paul 1860 Les lettres 1820 Les mots tristes 1833 Les oiseaux 1819 Les oiseaux (2) 1860 Les poissons d'or 1843 Les prisons et les prières 1860 Les promeneurs 1860 Les regrets 1820 Les roseaux 1839 Les roses 1820 Les roses de Saadi 1860 Les sanglots 1860 Les serments 1825 Les songes et les fleurs 1822 Les séparés None Les trois barques de Moore 1833 Les trois heures du jour 1819 Les éclairs 1850 Loin du monde 1860 Louise Labé 1833 Louise de la Vallière 1843 Louise de la Vallière (2) 1843 Lucretia Davidson 1832 L’une après l’autre, les étoiles None Ma chambre 1841 Ma fille 1833 Ma fille (2) 1838 Madame Emile de Girardin 1855 Madame Henriette Favier 1839 Madame Henriette Favier (2) 1860 Mademoiselle Mars 1843 Malheur à moi! 1829 Marguerite 1843 Merci pour ma fille 1843 Merci, mon dieu 1843 Milan 1839 Minuit 1833 Moi je le sais 1843 Mon bouquet 1819 Médor 1819 Méhul 1823 Même romance (*Le réveil) 1819 Nadège 1833 Ne fuis pas encore 1839 Ne me plains pas! 1833 Ne perdez pas toute espérance... 1823 Ne viens pas trop tard! 1833 Notre-Dame d'Amour 1828 Noël 1839 O Blanche! ma sœur Blanche None Oh ! qui voudrait nourrir None On me l'a dit 1825 Ondine à l'école 1860 Ouvrez aux enfants 1860 Où vas-tu? 1860 Pardon! 1833 Philis 1820 Pitié 1833 Plus de chants 1843 Point d'adieu 1843 Pour endormir l'enfant 1860 Pourquoi? 1844 Prison et printemps 1843 Prière 1830 Prière (envoyée au Mont Carmel) 1843 Prière aux muses 1819 Prière de femme 1843 Prière pour lui 1830 Prière pour mon amie 1843 Pèlerinage 1827 Qu'en avez-vous fait? 1839 Quand je pense à ma mère 1854 Quand le beau mois de juin None Que je te plains! 1825 Que mon nom ne soit rien qu'un ombre... 1860 Qui sera roi? None Rahel la créole 1843 Refuge 1860 Regarde-le 1827 Regret 1830 Rencontre d'une chèvre et d'une brebis 1851 Renoncement 1860 Reprends ton bien 1819 Retour dans une église 1860 Romance None Romance (2) None Romance pour Garat None Rondeau None Rouen 1843 Réponds-moi 1830 Réveil 1833 Révélation 1833 Rêve d'une femme 1834 Rêve intermittent d'une nuit triste 1854 S'il l'avait su! 1825 Sans l'oublier 1825 Selon Dieu 1860 Serais-tu seul? 1833 Serment None Seule au rendez-vous 1832 Simple histoire 1860 Simple oracle 1860 Soir d'été 1851 Sol natal 1836 Solitude 1833 Solitude (2) 1839 Solitude (3) 1839 Solitude (4) 1843 Son image 1819 Son retour 1830 Sous une croix belge 1833 Souvenir (Quand il pâlit un soir...) 1825 Souvenir (Son image comme un songe...) 1825 Souvenir (Toujours je pleure...) 1825 Souvenir (Un soir, nous étions deux...) None Stances (*La jalousie) 1823 Stances (*Point d'adieu) 1823 Sur l'inondation de Lyon 1840 Sur le Christ de Delacroix au salon de 1847 None Sur les "Quatre âges" du Poussin 1836 Toi! (de Thomas Moore) 1843 Trilby ou le lutin d'Argail 1823 Tristesse 1832 Tristesse (2) 1854 Tristesse de mère 1835 Trois nocturnes 1826 Trop tard 1860 Tu n'auras pas semé... None Un arc de triomphe 1843 Un beau jour 1820 Un billet de femme 1839 Un bouquet de femme 1839 Un bruit d'autrefois 1826 Un cri 1855 Un déserteur 1860 Un enfant à son frère 1834 Un jour de deuil 1830 Un jour, ma jeune enfant... None Un moment 1825 Un nouveau-né 1833 Un pauvre 1839 Un présage 1843 Un ruisseau de la Scarpe 1857 Une fleur 1833 Une halte sur le Simplon 1843 Une jeune fille et sa mère 1825 Une lettre de femme 1860 Une mère 1822 Une nuit de mon âme 1860 Une ondine 1833 Une place pour deux 1843 Une prière à Rome 1843 Une reine 1825 Une ruelle de Flandre 1856 Une âme 1833 Une âme (2) 1843 Veillée 1843 Vers gravés au prie-Dieu de la reine Isabelle d’Espagne None Vous piquez les fleurs... None Vénitienne (La blonde) None Vœu None À Mademoiselle Georgina Nairac 1825