«
Souvent, je crois entendre
Dans mon cœur une voix :
Elle est douce, elle est tendre
Et m’a dit, une fois :
« La prochaine semaine,
Je finirai ma peine,
Mais je ne sais quel jour ! »
Chante, petite Hélène,
Pour étourdir l’amour.
Oui, c’est l’amour, sans doute,
Dont la voix me poursuit ;
Mais, au bord de ma route,
Quand j’avance, il s’enfuit.
Finira-t-il ma peine ?
Me dira-t-il quel jour ?
Chante, petite Hélène,
Pour étourdir l’amour.
Autour de ma fenêtre,
Il voltige le soir,
Mais au lieu de paraître
Il soupire : - Au revoir !
J’oublie encor ma peine
Pour demander quel jour ?
Chante, petite Hélène,
Pour étourdir l’amour.
Lasse enfin de l’attendre,
J’irai cacher mon cœur
Où l’on cesse d’entendre
Tout, jusqu’à ce moqueur.
Mais renfermons ma peine
Et, jusqu’au dernier jour,
Chante, petite Hélène,
Pour étourdir l’amour.