«
Encore enfant, Louise La Vallière,
Dut son éclat à sa simplicité ;
Parure de printemps, la grâce et la beauté
Suivaient ses pas sans la rendre plus fière.
Déjà promise à la douleur,
Dans cet âge ou rien n’inquiète,
Louise choisit pour sa fleur
La solitaire violette.
Lorsqu’à seize ans Louise avec ses charmes
Vint habiter dans le palais des rois,
Timide encor comme la fleur des bois,
Elle y cachait son empire et ses larmes.
La splendeur, la gloire ou l’amour,
Effrayait son âme inquiète ;
Elle fut nommée, à la Cour,
La solitaire violette.
Mais quand Louise, en sa douleur profonde,
Sous un cilice ensevelit son cœur,
Quand le doux nom préféré de son cœur
Fut effacé par le vainqueur du monde,
Comme un saint et pâle flambeau,
S’éteignit sa vie inquiète,
Et s’effeuilla sur son tombeau
La solitaire violette.