«
Une fleur m’a charmée, elle ornera m’a lyre,
J’aurai toujours des chants pour cette aimable fleur ;
Dans ma triste guirlande où je la vois sourire,
Toujours elle viendra consoler ma douleur.
De suaves rayons elle m’a couronnée,
Belle comme l’espoir qui pâlît de regret.
À son frêle avenir j’unis ma destinée ;
Souvent dans une fleur l’amour a son secret.
En la cueillant pour toi qui m’en as dit l’emblème,
Je l’attache à mon cœur et j’ai cru te l’offrir :
Mon cœur a tressailli sous le parfum qu’il aime ;
Auprès de ton image, elle a droit de mourir.
Un autre ciel en vain s’est levé sur ma vie ;
En vain d’autres accents glissent autour de moi ;
Comme ton doux regard, elle m’a poursuivie :
Elle semble s’ouvrir pour me parler de toi.
Notes
Publié dans "Œuvres manuscrites de Marceline Desbordes-Valmore : albums à Pauline" en 1921.
Note: Le poème sera plus tard réédité sous le titre "L'hyacinthe" avec quelques variations, notamment la fin: "Adieu, fleur de ma vie, adieu, Muse volage ;
Sur ces bords oubliés vous ne reviendrez pas !
Sans mémoire à son tour l’écho de ce rivage
Bientôt ne dira plus mes plaintes ni mes pas."
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3065684j/f88.item
https://societedesetudesmarcelinedesbordesvalmore.fr/oeuvrepoetique/poeme.php?id_poeme=Bertrand303