«
Doris a ramené ses moutons près d’Alcandre,
Alcandre a rapproché ses moutons de Doris ;
L’amour a vu, dans leurs yeux attendris,
Que bientôt leurs cœurs vont s’entendre.
Mais, hélas ! peut-on sans danger
Regarder ainsi son berger ?
Doris en vain voudrait rappeler son injure ;
Alcandre à ses genoux demande à l’expier.
Par un serment son cœur va se lier,
Il sera vrai comme son âme est pure.
Alcandre la prend dans ses bras,
Doris se trouble et dit tout bas :
"Puis-je craindre encor le danger,
Si près du cœur de mon berger ?"
Un tendre et frais zéphyr agitait le feuillage,
L’oiseau plus doucement modulait sa chanson ;
Pour mieux voiler le baiser de pardon,
L’amour les couvrit d’un nuage
Et Doris a pu, sans danger,
Rendre son cœur à son berger.