«
Adieu, douce pensée,
Image du plaisir !
Mon âme est trop blessée,
Tu ne peux la guérir.
L’espérance légère
De mon bonheur
Fut douce et passagère
Comme ta fleur.
Rien ne me fait envie ;
Je ne veux plus te voir ;
Je n’aime plus la vie ;
Qu’ai-je besoin d’espoir ?
En ce moment d’alarme
Pourquoi t’offrir ?
Il ne faut qu’une larme
Pour te flétrir.
Par toi ce que j’adore
Avait surpris mon cœur,
Par toi veut-il encore
Égarer ma candeur ?
Son ivresse est passée ;
Mais, en retour,
Qu’est-ce qu’une pensée
Pour tant d’amour ?
Notes
Recueil: Poésies (1820).
Note: Il existe une première version de ce poème publiée dans un recueil de chansons, sous le titre "La pensée", dès 1818:
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9751272c/f216.item