«
Oh ! prends goût au silence !… Oh ! prends le monde en crainte !
Écoute-le de loin : c’est l’écho d’un flatteur.
De ceux qu’il a trompés il étouffe la plainte ;
Tout raille dans son bruit menteur.
*
Tu n’auras pas semé ta couronne étoilée
Sur le miroir tari du ruisseau de tes jours.
Toute pleine de jours, toi, tu t’en es allée
Et ton frais souvenir en scintille toujours.
*
Je suis sa première amitié
Il est aussi la mienne, unique, intime, entière,
Et, s’il veut être en tout avec moi de moitié,
Mon Dieu ! je serai la dernière.
*
Innocence ! Innocence ! Éternité rêvée !
Après vos temps de pleurs êtes-vous retrouvée ?
Etes-vous ma maison que je ne peux rouvrir ?
Ma mère !… Est-ce la mort ?… Je voudrais bien mourir !
*
Pourquoi s’est-il lié si bien avec mon cœur
Hélas ! que tout entier je ne puis le reprendre ?
Pourquoi m’avoir été si tendre… ou si trompeur ?
Si la mort voulait me l’apprendre !