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Souvent le malheureux sourit parmi ses pleurs...

André Chénier · None · Préromantisme · 18e siècle
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Souvent le malheureux sourit parmi ses pleurs, Et voit quelque plaisir naître au sein des douleurs. . . . . . . Ainsi l'Allobroge recèle, Sur ses monts, de l'hiver la patrie éternelle, Et les fleurs du printemps et les biens de l'été. Sur leurs arides fronts le voyageur porté S'étonne. Auprès des rocs d'âge en âge entassée En flots âpres et durs brille une mer glacée. À peine sur le dos de ces sentiers luisants Un bois armé de fer soutient ses pas glissants. Il entend retentir la voix du précipice. Il se tourne, et partout un amas se hérisse De sommets ou brûlés ou de glace épaissis, Fils du vaste mont Blanc sur leurs têtes assis, Et qui s'élève autant au-dessus de leurs cimes Qu'ils s'élèvent eux-mêmes au-dessus des abîmes. Mais bientôt à leurs pieds qu'il descende ; à ses yeux S'étendent mollement vallons délicieux, Pâturages et prés, doux enfants des rosées, Trient, Cluses, Magland, humides Élysées, Frais coteaux, où partout sur des flots vagabonds Pend le mélèze altier, vieil habitant des monts.

Notes

https://archive.org/details/bub_gb_EVrD1RkvJmsC/page/203/mode/2up

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