← Retour aux poèmes

Les esclaves d’amour ont tant versé de pleurs...

André Chénier · None · Préromantisme · 18e siècle
«
Les esclaves d’amour ont tant versé de pleurs ! S’il a quelques plaisirs, il a tant de douleurs ! Qu’il garde ses plaisirs. Dans un vallon tranquille Les Muses contre lui nous offrent un asile ; Les Muses, seul objet de mes jeunes désirs, Mes uniques amours, mes uniques plaisirs. L’Amour n’ose troubler la paix de ce rivage. Leurs modestes regards ont, loin de leur bocage, Fait fuir ce dieu cruel, leur légitime effroi. Chastes muses, veillez, veillez toujours sur moi. Mais, non, le dieu d’amour n’est point l’effroi des Muses ; Elles cherchent ses pas, elles aiment ses ruses. Le cœur qui n’aime rien a beau les implorer, Leur troupe qui s’enfuit ne veut pas l’inspirer. Qu’un amant les invoque, et sa voix les attire. C’est ainsi que toujours elles montent ma lyre. Si je chante les dieux, ou les héros, soudain Ma langue balbutie et se travaille en vain ; Si je chante l’Amour, ma chanson d’elle-même S’écoule de ma bouche et vole à ce que j’aime. Ô crédules amants, écoutez donc au moins De vos baisers secrets ces mobiles témoins, Ces flots d’azur errants sous vos belles Dryades, Byblis, Œnone, Alphée et tant d’autres naïades, Qui murmurent encor de doux gémissements. Tous furent autrefois de crédules amants Qui, se fondant en pleurs, et changés en fontaines, Par la pitié des dieux serpentent dans vos plaines.

Notes

Note: Les huit derniers vers ne sont pas présents dans certaines éditions. https://archive.org/details/bub_gb_EVrD1RkvJmsC/page/155/mode/2up

← Précédent A Lebrun Suivant → Oh ! puisse le ciseau qui doit trancher mes jours...

Autres poèmes de André Chénier

A Abel None A De Pange None A Lebrun None A compter nos brebis... None A l'hirondelle None Ah ! prends un cœur humain... None Ainsi, lorsque souvent le gouvernail agile... 1787 Ainsi, vainqueur de Troie et des vents... None Amymone None Arcas et Palémon None Au chevalier de Pange None Aux frères De Pange None Aux frères De Pange (2) None Bacchus None Bel astre de Vénus... None Chrysé None Clytie None De l’art de Pyrgotèle... None Eh ! le pourrai-je au moins !... None Epilogue None Euphrosyne None Hercule None Hylas None Hymne 1792 Il n'est que d'être roi pour être heureux... None J'apprends, pour disputer un prix si glorieux... None Je sais, quand le midi leur fait désirer l’ombre... None Jeune fille, ton cœur avec nous veut se taire... None J’ai suivi les conseils d’une triste sagesse... None J’étais un faible enfant... None L'amour endormi None L'amour et le berger None L'amour laboureur None L'art, des transports de l'âme est un faible interprète... None L'aveugle None L'invention None L'oaristys None La jeune Locrienne None La jeune Tarentine None La liberté None Le jeune malade None Le mendiant None Le satyre et la flûte None Les colombes None Lydé None L’impur et fier époux... None Mnazile et Chloé None Mnaïs None Médée None Néère None Néère et Chromis None O jours de mon printemps... None O muses, accourez... None Oh ! puisse le ciseau qui doit trancher mes jours None Oh ! puisse le ciseau qui doit trancher mes jours... None Pannychis None Partons, la voile est prête... None Pasiphaé None Prologue None Que ton œil voyageur de peuples en déserts... None Salut, Dieux de l'Euxin... None Sans parents, sans amis et sans concitoyens... None Souffre un moment encor... None Souvent le malheureux sourit parmi ses pleurs... None Sur un groupe de Jupiter et d'Europe None S’ils n’ont point le bonheur,... None Tel j'étais autrefois et tel je suis encor... None Toujours ce souvenir m’attendrit... None Tout homme a ses douleurs... None Voilà ce que chantait aux naïades prochaines... None Ô nécessité dure ! ô pesant esclavage ! None