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Que ton œil voyageur de peuples en déserts...

André Chénier · None · Préromantisme · 18e siècle
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Que ton œil voyageur de peuples en déserts, Parcoure l’ancien monde et traverse les mers : Rome antique partout, Rome, Rome immortelle, Vit et respire, et tout semble vivre par elle. De l’Atlas au Liban, de l’Euphrate au Bétis, Du Tage au Rhin glacé, de l’Elbe au Tanaïs, Et des flots de l’Euxin à ceux de l’Hyrcanie, Partout elle a gravé le sceau de son génie. Partout de longs chemins, des temples, des cités, Des ponts, des aqueducs en arcades voûtés, Des théâtres, des forts assis sur des collines, Des bains, de grands palais ou de grandes ruines Gardent empreinte encore une puissante main, Et cette Rome auguste et le grand nom romain ; Et d’un peuple ignorant les débiles courages, Étonnés et confus de si vastes ouvrages, Aiment mieux assurer que de ces monuments Le bras seul des démons jeta les fondements.

Notes

https://archive.org/details/bub_gb_EVrD1RkvJmsC/page/177/mode/2up

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