← Retour aux poèmes

On dit que j’ai bonne grâce...

Jean Froissart · None · Lyrisme · 14e siècle
«
On dist que j’ai bien manière D’iestre orghillousette, Bien affiert à estre fiere Jone pucelette. Hui matin me levai, Droit à l’ajournée, En un gardinet entrai Dessus le rousée ; Je cuidai estre première Ou clos sus l’erbette, Mès mon douls amis y iere Coellans le fleurette On dist.... Un chapelet li donnai Fet de le vesprée. Il le prist, bon gré l’en saî ; Puis m’a appelée : « Voelliés oyr ma priiere, Très belle et douchette ; Un petit plus qu’il n’afiere Vous m’estes durette. — On dist que j’ai bien manière D’iestre orghillousette ; Bien affiert à estre fiere Jone pucelette. » - - - Traduction On dit que j’ai bonne grâce À faire un peu l’orgueilleuse ; Il sied bien d’être fière À une jeune fillette. Ce matin, je me levai Au point du jour, J’entrai dans un jardin Parmi la rosée. Je croyais être la première Au clos, sur l’herbette, Mais mon doux ami y était déjà Cueillant des fleurettes. On dit que, etc. Je lui donnai une couronne Tressée dans la soirée. Il l’accepta, je lui en sus gré ; Puis il m’a appelée : « Veuillez ouïr ma prière, Très-belle et très-douce ; Un peu plus qu’il ne faudrait, Vous êtes dure pour moi. — On dit que j’ai bonne grâce À faire un peu l’orgueilleuse ; Il sied bien d’être fière À une jeune fillette. »
← Précédent Virelais Suivant → Ballade (Sus toutes flours...)

Autres poèmes de Jean Froissart

Ballade (D'ardant desir pris...) None Ballade (Sus toutes flours...) None Rondeau None Virelais None