«
Un jour, le morne esprit, le prophète sublime
Qui rêvait à Patmos,
Et lisait, frémissant, sur le mur de l’abîme
De si lugubres mots,
Dit à son aigle : Ô monstre ! il faut que tu m’emportes.
Je veux voir Jéhovah. —
L’aigle obéit. Des cieux ils franchirent les portes ;
Enfin, Jean arriva ;
Il vit l’endroit sans nom dont nul archange n’ose
Traverser le milieu,
Et ce lieu redoutable était plein d’ombre, à cause
De la grandeur de Dieu.
Notes
Recueil: Les Contemplations.
Note: Les poèmes du recueil sont tous datés, mais la plupart de ces dates sont fictives et servent plus à la légende de l'œuvre; ici: Jersey, septembre 1855.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8617135j/f251.item.r=Les%20contemplations