← Retour aux poèmes

En écoutant les oiseaux

Victor Hugo · 1856 · Romantisme · 19e siècle
«
Oh ! Quand donc aurez-vous fini, petits oiseaux, De jaser au milieu des branches et des eaux, Que nous nous expliquions et que je vous querelle ? Rouge-gorge, verdier, fauvette, tourterelle, Oiseaux, je vous entends, je vous connais. Sachez Que je ne suis pas dupe, ô doux ténors cachés, De votre mélodie et de votre langage. Celle que j’aime est loin et pense à moi ; je gage, Ô rossignol dont l’hymne, exquis et gracieux, Donne un frémissement à l’astre dans les cieux, Que ce que tu dis là, c’est le chant de son âme. Vous guettez les soupirs de l’homme et de la femme, Oiseaux ; quand nous aimons et quand nous triomphons, Quand notre être, tout bas, s’exhale en chants profonds, Vous, attentifs, parmi les bois inaccessibles, Vous saisissez au vol ces strophes invisibles. Et vous les répétez tout haut, comme de vous ; Et vous mêlez, pour rendre encor l’hymne plus doux, À la chanson des cœurs, le battement des ailes ; Si bien qu’on vous admire, écouteurs infidèles, Et que le noir sapin murmure aux vieux tilleuls : « Sont-ils charmants d’avoir trouvé cela tout seuls ! » Et que l’eau, palpitant sous le chant qui l’effleure, Baise avec un sanglot le beau saule qui pleure ; Et que le dur tronc d’arbre a des airs attendris ; Et que l’épervier rêve, oubliant la perdrix ; Et que les loups s’en vont songer auprès des louves ! « Divin ! » dit le hibou ; le moineau dit : « Tu trouves ? » Amour, lorsqu’en nos cœurs tu te réfugias, L’oiseau vint y puiser ; ce sont ces plagiats, Ces chants qu’un rossignol, belles, prend sur vos bouches, Qui font que les grands bois courbent leurs fronts farouches, Et que les lourds rochers, stupides et ravis, Se penchent, les laissant piller le chènevis, Et ne distinguent plus, dans leurs rêves étranges, La langue des oiseaux de la langue des anges.

Notes

Recueil: Les Contemplations. Note: Les poèmes du recueil sont tous datés, mais la plupart de ces dates sont fictives et servent plus à la légende de l'œuvre. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54075263/f92.item

← Précédent Tu peux, comme il te plaît... Suivant → Mon bras pressait ta taille frêle...

Autres poèmes de Victor Hugo

15 février 1843 1856 ? 1856 A Alexandre Dumas 1856 A André Chénier 1856 A Auguste Vacquerie 1856 A Granville, en 1836 1856 A Jules J. 1856 A M. Froment Meurice 1856 A Madame D. G. de G. 1856 A Mademoiselle Louise B. 1856 A Paul M. 1856 A Villequier 1856 A celle qui est restée en France 1856 A celle qui est voilée 1856 A la fenêtre, pendant la nuit 1856 A la mère de l'enfant mort 1856 A ma fille 1856 A propos d'Horace 1856 A qui donc sommes-nous? 1856 A un poète aveugle 1856 A vous qui êtes là 1856 Aimons toujours!... 1856 Amour 1856 Apparition 1856 Après l'hiver 1856 Au fils d’un poète 1856 Au poète qui m’envoie une plume d’aigle 1856 Aux anges qui nous voient 1856 Aux arbres 1856 Aux feuillantines 1856 Baraques de la foire 1856 Billet du matin 1856 Cadaver 1856 Ce que c'est que la mort 1856 Ce que dit la bouche d'ombre 1856 Chanson (Si vous n'avez rien à me dire) 1856 Charles Vacquerie 1856 Chose vue un jour de printemps 1856 Claire 1856 Claire P. 1856 Croire, mais pas en nous 1856 Crépuscule 1856 Cérigo 1856 Demain, dès l'aube... 1856 Dolor 1856 Dolorosæ 1856 Eclaircie 1856 Ecoutez. Je suis Jean... 1856 Ecrit au bas d’un crucifix 1856 Ecrit en 1846 / Ecrit en 1855 1856 Ecrit sur la plinthe d’un bas-relief antique 1856 Ecrit sur un exemplaire de la Divina Commedia 1856 Eglogue 1856 Elle avait pris ce pli... 1856 Elle était déchaussée... 1856 Elle était pâle, et pourtant rose... 1856 En frappant à une porte 1856 Epitaphe 1856 Explication 1856 Halte en marchant 1856 Heureux l'homme, occupé de l'éternel destin... 1856 Hier au soir 1856 Horror 1856 Hélas! tout est sépulcre 1856 Ibo 1856 Il fait froid 1856 Il faut que le poète, épris d'ombre et d'azur... 1856 Il lui disait : Vois-tu... 1856 Insomnie 1856 Intérieur 1856 J'ai cueilli cette fleur pour toi... 1856 J'aime l'araignée et j'aime l'ortie... 1856 Je lisais. Que lisais-je? 1856 Je payai le pêcheur... 1856 Je respire où tu palpites... 1856 Je sais bien qu'il est d'usage... 1856 Jeune fille, la grâce emplit tes dix-sept ans... 1856 Joies du soir 1856 L'enfance 1856 L'hirondelle au printemps... 1856 La chouette 1856 La clarté du dehors ne distrait pas mon âme... 1856 La coccinelle 1856 La fête chez Thérèse 1856 La nature 1856 La nichée sous le portail 1856 La source 1856 La source tombait du rocher... 1856 La statue 1856 La vie aux champs 1856 Le firmament est plein de la vaste clarté... 1856 Le maître d'études 1856 Le mendiant 1856 Le pont 1856 Le poème éploré se lamente... 1856 Le poète 1856 Le poëte s’en va dans les champs... 1856 Le revenant 1856 Le rouet d'Omphale 1856 Les femmes sont sur la terre... 1856 Les mages 1856 Les malheureux 1856 Les oiseaux 1856 Lettre 1856 Lise 1856 Lueur au couchant 1856 L’enfant, voyant l’aïeule à filer occupée... 1856 Magnitudo parvi 1856 Mes deux filles 1856 Mes vers fuiraient, doux et frêles... 1856 Mon bras pressait ta taille frêle... 1856 Mors 1856 Mugitusque boum 1856 Mélancholia 1856 N'envions rien 1856 Nomen, numen, lumen 1856 Nous allions au verger... 1856 O gouffre! l'âme plonge... 1856 Oceano Nox 1840 Oh ! je fus comme fou... 1856 Oh! par nos vils plaisirs... 1856 On vit, on parle... 1856 Oui, je suis le rêveur... 1856 Paroles dans l'ombre 1856 Paroles sur la dune 1856 Pasteurs et troupeaux 1856 Pendant que le marin... 1856 Pleurs dans la nuit 1856 Ponto 1856 Pour l’erreur, éclairer, c’est apostasier... 1856 Premier mai 1856 Pure innocence! Vertu sainte! 1856 Quand nous habitions tous ensemble... 1856 Que le sort, quel qu'il soit... 1856 Quelques mots à un autre 1856 Quia pulvis es 1856 Relligio 1856 Réponse à un acte d’accusation 1856 Saturne 1856 Sous les arbres 1856 Souvenir de la nuit du 4 1852 Spes 1856 Suite 1856 Trois ans après 1856 Tu peux, comme il te plaît... 1856 Un jour je vis, debout au bord des flots... 1856 Un jour, le morne esprit... 1856 Un soir que je regardais le ciel 1856 Un spectre m'attendait... 1856 Unité 1856 Veni, vidi, vixi 1856 Vere novo 1856 Vers 1820 1856 Vieille chanson du jeune temps 1856 Viens ! une flûte invisible... 1856 Voyage de nuit 1856 À quoi songeaient les deux cavaliers dans la forêt 1856 Ô souvenirs! printemps! aurore! 1856 Ô strophe du poëte... 1856